Ca arrive parfois! Des moments où tout ce que l'on cache est trop lourd à supporter seul, où l'on a l'impression de porter tout le poids du monde...enfin peut-être pas celui de tout le monde, mais le mien est assez conséquent...
Je n'en peux plus de cette souffrance...ce n'est pas une souffrance...enfin si...enfin c'est plutôt le manque qui me pese. Le manque de tout, de ses gestes tendres, de ses mots, de ses baisers, de ses bras, de sa façon de me regarder, de sa façon de me comprendre sans que je ne parle, de ses yeux,...bref le manque d'elle...
On s'apercoit toujours trop tard que l'on tient aux gens quand on les perd. Il y a tant de mots, de gestes, de regards qui restent en suspens.Tant d'images qui resteront des souvenirs, tant de moments à vivre qui ne seront qu' imagination,qui ne se batiront jamais, qui resteront à jamais l'image d'un projet. Ils ne se développeront jamais, ne seront jamais partagés, ne vivront que dans mon esprit...sans espoir de les voir se concrétiser un jour.
A quoi sert de vivre, si c'est pour un jour mourir? Pourquoi faut-il que tout soit minuté, programmé à s'autodétruire? Est-ce pour nous rappeler que rien n'est acquit, que tout se décide dans l'immédiat, qu'il ne faut pas attendre pour dire ce que l'on a à dire? Et que ces non-dits seront à jamais des regrets? Et que ces regrets seront éternels? Ne vaut-il pas mieux vivre avec des remords qu'avec des regrets?
Pourquoi ne pas avoir osé? Pourquoi ne pas dire à une personne l'importance qu'elle tient pour une autre personne? On se dit toujours qu'on a le temps, mais le temps c'est justement la seule chose qu'on ne peut maitriser et quand ce temps nous est enlevé, il ne reste que les regrets et les larmes qui ne peuvent être partagés.
Pourtant quoi de plus beau que le partage? Sauf que certaines pensées ne peuvent se partager, il y a même certaines pensées qu'il est impossible d'exprimer par des mots. Elles ne s'expriment que par des suggestions, des impressions, des images, des couleurs, des formes...mais les mots...les mots ne sont pas assez forts pour certaines pensées...alors que faire...comment les extraire....pas de solution. Il faut juste tout refouler. Mais le refoulement n'est pas une fin en soi, c'est sur pendant quelque temps on oublie...mais un jour tout remonte à la surface et il faut tout recommencer : mentir, cacher, refouler, remonter à la surface, mentir, cacher...C'est un cercle vicieux d'où il est difficile de sortir...On a beau avoir la volonté, ce n'est pas suffisant. Il y a toujours des moments plus difficiles, où l'on est plus faible.Un rien, un souvenir, un mot et tout se bouscule, tout refait mal et tout recommence...recommence...recommence...comme une horloge qui marque le temps qui passe inlassablement. Une horloge tourne, tourne, tourne... Elle revient toujours au point de départ, elle aussi inlassablement. Mais moi je suis lasse, lasse de toujours tout recommencer...
écrit il y a klk années...